En ces premières années du 21ème siècle, face à ce qu’on appelle la mondialisation de l’économie caractérisée par un déséquilibre insupportable entre les régions du monde les plus riches et les plus pauvres, les unes s’appuyant sur les secondes pour assurer l’accroissement de leur prédominance économique et politique ; face à un désordre écologique grandissant du fait de cette même poursuite d’un profit maximalisé au détriment du bien-être des populations existantes et des générations futures ; face à un désengagement généralisé des Etats de leurs obligations de solidarité envers les catégories les plus démunies.
les organisations humanitaires, de secours, de soin et d’éducation, ont l’immense tâche d’apporter de façon juste et égalitaire les compensations nécessaires aux déficits économiques, sociaux et culturels dont sont victimes les groupes humains les plus fragilisés, personnes marginalisées par leur situation (famine, déplacements forcés, chômage, immigration, âge, sexe), mal logées ou sans logement, insuffisamment prises en charge par les services médicaux et de soins, ayant en outre un accès limité aux loisirs et à la culture.
Parmi ces organismes de compensation, les Fédérations d’Education Populaire constituent, en France, un outil privilégié de lutte contre les inégalités dans le domaine de l’éducation et des loisirs, et, simultanément, se donnent pour mission la conservation, la restitution et la transmission des valeurs humaines et de progrès social flouées lorsque la poursuite du seul rendement l’emporte sur le respect de la personne humaine, lorsque l’avoir matériel devient le but exclusif au détriment de l’être.
C’est dans un tel contexte, et avec comme ligne de mire la recherche obstinée de la justice et de l’équité sociale, l’insertion citoyenne, à destination primordiale de l’enfance et de la jeunesse, que les Francas de l’Isère situent leur action et élaborent leur projet.
Ils se placent ainsi dans le droit fil du programme d’action énoncé par l’assemblée plénière du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944, qui « refusant toute attitude passive… », « soutenant les revendications vitales du peuple… » a souhaité « instaurer une véritable démocratie économique et sociale… » par laquelle, notamment « serait donnée à tous les enfants français la possibilité de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents… »
La force de ce texte fondateur de notre démocratie moderne reste plus que jamais d’actualité ; les Francas de l’Isère, terre de Résistance depuis la Révolution française, doivent en être, avec d’autres, les garants et les porteurs.
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